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Le livre

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Pour la deuxième scène, c’était au tour de la culture de se présenter à moi. Les idées avaient habillé sur scène une petite table avec du Ndop, un tissu emblématique du Cameroun qui était utilisé autrefois pour habiller les loges des rois pendant les cérémonies officielles. À cette table, les hôtes devaient donc être importants. On leur avait servi du thé de Kinkéliba. Les idées avaient surnommé cette rencontre le Kinkéliba des écrivains.


Chez nous, la culture s’exprime en écrits, car elle se conserve en lettres et en mots. Les rois étaient les plumes des traditions de plusieurs époques. Plusieurs plumes ont alors pris place sur la scène à leur tour. Elles se sont levées l’une après l’autre pour s’offrir un Kassala, une tradition orale qui célèbre l’identité de la personne qui s’exprime.


Ces écrivains devaient se présenter ainsi pour mettre à la fois en avant leurs prouesses et leurs états de service, tout en décrivant différents univers rencontrés dans leurs parcours. Ainsi, on voyageait avec eux dans plusieurs espaces et instants. C’est la poésie guerrière, engagée, apanage des illustres personnages en Afrique qu’elle représentait.

Enfin, la troisième scène était dédiée aux personnes inspirantes qui ont existé et qui ont édifié beaucoup de gens. Les idées ont dressé le portrait de quelques-unes d’entre elles. Cette scène se nommait la parade des absents. C’était un défilé de gens qui ont marqué l’histoire du berceau de l’humanité. Ainsi, dans cette parade, il y avait des héros traditionnels tels que Soundiata Keita, le roi de l’empire mandingue au Mali, des héros modernes tels que Nelson Mandela, le promoteur de la paix, sans oublier des reines, héroïnes, guerrières et femmes cheffes qui ont, elles aussi, marqué l’histoire de leurs peuples. Abla Pokou, par exemple, la reine qui avait sacrifié son fils pour sauver son peuple et qui était devenue par la suite la fondatrice du peuple baoulé en Côte d’Ivoire.

Ces personnages étaient des monuments qui méritaient d’être célébrés à travers le temps pour ne jamais être oubliés, d’autant plus que souvent, par souci de modernité ou de différence, nous nous étions séparés d’eux et il était temps de se réconcilier avec eux.

C’était cela le spectacle des idées. À chaque fois que je voulais apprendre quelque chose de nouveau, il me suffisait de fermer les yeux et je pouvais prendre part au spectacle de mes idées.

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